VU’ L’AGENCE http://www.agencevu.com/fr En 1986, Christian Caujolle (ancien directeur de la photo au journal Libération) et Zina Rouabah (gérante dudit journal), avec le soutien de Marcel Lefranc et Pierre Bergé, fondent l’Agence photo parisienne VU, que Christian Caujolle définit ainsi :
"Un soir, alors qu'il marchait, selon son habitude dans les rues de New York, Michael Ackerman est attiré par un camion de déménagement. Il photographie, en format carré, ce véhicule utilitaire de la société Time (rien à voir avec le célèbre hebdomadaire) qui, pour informer sur la nature de ses activités, a inscrit sur ses flancs "moving and storage".
Rien d'original me direz-vous. Sauf que, par un heureux hasard de l'absence de ponctuation, ces trois mots accolés donnent, involontairement, une merveilleuse définition de la photographie telle que nous la concevons à l'Agence VU.
Une photographie hantée par les questions du temps, du mouvement et de la mémoire. Une photographie qui laisse cohabiter, dès lors qu'elles ont leur propre cohérence, des écritures aux esthétiques fort différentes, du reportage à la nature morte, de l'impressionnisme au questionnement de la fonction du documentaire. une photographie qui, si elle revendique fort une alliance d'éthique et d'esthétique, ne cherche pas à reproduire le monde mais à s'inscrire en lui, avec les prises de risques, physiques et de forme, que cela implique, pour en interroger les fonctionnements et, plus que tout, les failles et les défaillances". (Christian Caujolle - Private /décembre 2001)
Agence non spécialisée elle s’ouvre sur de nombreux domaines : sport, culture, politique, société, économie... et rassemble aujourd’hui plus de 100 photographes à travers le monde (24 nationalités différentes) avec plus de 1,5 millions de photos et 7500 reportages et expositions et s’impose depuis toujours comme une « Agence de photographes et non de photographie »
S’inscrivant dans l’héritage du premier grand hebdomadaire français illustré auquel collaborèrent certains Man Ray, Kertèsz, Capa, Cartier-Bresson, Florence Henri, Gotthard Schuh, Brassaï etc. , L’Agence VU depuis sa création revendique une vocation originale visant à « produire, publier, exposer, faire partager la vision, les visions du monde de "ses" auteurs/photographes, découvrir, faire connaître et "porter" de nouveaux talents ».
Dans ce but, elle représente les meilleurs photographes contemporains « sans exclusion de style ou de domaine d’activité » et travaille avec des photojournalistes aux productions « classiques » comme avec des auteurs utilisant la photographie dans diverses voies.
Ainsi elle place au cœur de sa dynamique la photographie d’auteurs et la dimension culturelle que revêt l’image, amenant à la création fin 1998 de la galerie VU (2, rue jules Cousin 75004 Paris), son propre site d’exposition et de communication de 550m2 (le plus grand espace privé parisien). Avec son regard unique, elle organise expositions itinérantes, vente de tirages de collection et ouvre de nouveaux modes de communication (communication d’entreprise ou institutionnelle) sans jamais renier le photojournalisme et l’édition.
De fait de Bologne ou New-York, à Paris, Poznan, Bruxelles, Arles, Londres, Milan, Beyrouth, Perpignan ou Marrakech, les œuvres des auteurs de l'Agence VU sont exposées, publiées, éditées dans le monde entier et, servant le rayonnement national et international de VU, souvent récompensées : Prix Niépce, Prix Masterclass / World Press Photo, Prix AFP, Prix Kodak, Grand Prix National de la Photographie Espagnole, The Observer Hodge Award, Picture of the Year, Prix de la Fondation Hachette ...
Fidèle à ces principes et sa voie, l’Agence fête actuellement ses vingt ans, mettant encore en avant la création.
VU’20 ans : L’EXPO, LE LIVRE
http://www.galerie-anatome.com/expos/8080/8080_presentation.htmlwww.mollat.com/livres/christian-caujolle-aman-iman-revue-photo-graphique-
hors-serie-9782350460697.aspx Pour cet anniversaire, et dans le cadre du Mois de la Photo à Paris , l’Agence VU’ propose une exposition intitulé 80+80 PHOTO_GRAPHISME, conjointement présentée à la galerie Vu’ et à la Galerie Anatome (38, rue Sedaine 75011 Paris), qui s’associe à l’événement, du 10 novembre 2006 au 6 janvier 2007 (vernissage le jeudi 9 novembre). Est également publié un livre, numéro hors-série de la revue Aman Iman, aux éditions Filigranes.
L’agence a invité 80 de ces auteurs (parmi lesquels de grands noms actuels tels : Aders Petersen, Mickael Ackerman, Philip Blekinsop , Stanley Greene, Ad Van Denderen, mathieu Pernot, Christer Strömholm) à proposer leurs photos à 80 graphistes sélectionnés aux quatre coins du monde par la Galerie Anatome qui s’associe à l’événement.
Sans légende, et distribués au hasard, ces clichés sont le support et le point de départ de la création graphique libre de ces 80 artistes pour une affiche unique, originale, une œuvre commune, sur le thème de « la page imprimée ». La photo est ici, et contrairement aux pratiques convenues, le propos de l’image (co-)produite et non l’illustration du propos.
C’est une rencontre , une confrontation, de « faiseurs d’image », qui ne se connaissent pas mais vont apprendre à se connaître, pour un rêve de création dont chacun guettera les surprises et dont l’exposition sera le résultat. Résultat d’un dialogue entre ces 160 artistes qui, à partir de leurs modes de production, de leur images, de leurs mots, de leurs choix, de leurs visions, vont explorer une nouvelle dimension, celle du photo graphisme.
Ainsi, le sens de l’image sera questionné, voire renouvelé. La photographie est mise à disposition comme seule contrainte de l’image graphique à créer. Comment le graphiste va-t-il utiliser l’image photographique ? Comment celle-ci conditionnera t’elle, ou non, les choix de la composition graphique et typographique ?
Dans cette iniiative, audacieuse, se pose la question de l’interprétation, de la lecture de l’image, de son assimilation, de son utilisation, et peut-être même au-delà, de son détournement.
Ainsi cette réalisation se révèle riche d’intérêts et de sens implicite dans notre société avaleuse d’images. À chaque œuvre du photographe vient se greffer un nouveau message et se multiplient ainsi les lignes de lectures nous signifiant que chacune, personnelle, peut s’exprimer, se justifier, loin du regard initial du créateur ou même de la situation qui a engendrée la photo.
Le Livre au petit format souple, à la couverture sobrement graphique, jouant du contraste, et n’orientant ni n’alourdissant le propos du contenu, qu’elle ne dévoile aucunement, présente sur chaque double page la photo de l’auteur, et l’affiche du graphiste.
Page de droite, telle qu’initialement, en vignette réduite, l’œuvre du photographe, accompagnée de sa légende. Cette page est parfois complétée du propos du photographe ou du graphiste, comme une aide à notre compréhension.
Page de gauche, l’affiche, pleine page, verticale ou horizontale.
Ces 80 présentations, riches et variées offrent une vision unique de la création internationale et libre, totalement libre, ce qui nous donne un ouvrage contemporain aux horizons larges, comme un recueil de ce qu’est aujourd’hui la « façon d’images », comme un témoin futur. Une potentielle encyclopédie graphique, n’ayons pas peur du mot !
VU’ UN PHOTOGRAPHE : Loïc LE LOËT, et l’affiche. http://getthepicture.free.fr/leloet.htmhttp://www.agencevu.com/fr/photographes/default.asp?Photographes=54 Parmi les photographes participant à ce projet est mon ami Loïc LE LOËT dont je ne peux que vous présenter l’image et la réalisation de l’affiche qui s’ensuit, très réussie dans le sens de la confortation, de l’enrichissement et de la consolidation du sens, du message.
La photo est un visage de Palestinien, portrait réalisé à Gaza en 2001 ; une figure puissante et digne que le graphiste a habillée du plan de la ville d’Hébron, déchirée par la guerre en deux parties, que l’on ne peut traverser qu’en subissant le check-point israëlien et les blessures qu’impliquent ce passage… le court texte livre les mots de Loïc qui explique avec simplicité la rencontre de cet homme.
La photo nous dit silencieusement la souffrance quotidienne de ces Hommes, dont émane une humanité intacte, la dignité bafouée mais jamais perdue ; l’âme s’exprime dans chaque pli du visage, transcendée par le photographe. Et le travail du graphiste vient mécaniquement nous rappeler la réalité de la situation, ses lignes comme un état-major souligné et complété chaque jour, malgré la présence humaine. Les installations israéliennes comme une prison qui enserre au plus pré le peuple palestinien, étouffantes.
Et explose de l’image l’absurdité de la situation.
