Dimanche 3 décembre 2006

    Un jour, un soir, ici, un écran, un hasard… Tu dis que le hasard est un point où passe le chemin. Où sont passés  ensemble nos chemins. Et nos pas ont regardé dans le même sens, l’un vers l’autre. L’Amour, l’envie de mêler nos histoires.
    Nous avons mêlé nos mots, nos regards, nos lèvres puis nos corps. Un peu de nos secrets.
Aux premiers échanges, tu me confiais avoir quitté ton alliance, mais pas ton foyer…
Aux premières caresses, tu me confiais cette autre histoire, le rêve, l’espoir… Juste frôlée mais jamais oubliée ; toujours présente. Des questions, des attentes au fil des mois et des années et encore en suspens.
    Une rencontre folle, de celles qui tiennent du mystère, et vos fuites en échos tentaient des approches qui ne s’enchaînaient qu’en rendez-vous manqués. Dans les lignes vous vous êtes cherchés, ces « entre-nous » du quotidien où vous laissiez tour à tour, sans ordre, les traces de vos pensées, de vos sentiments (?), de vos quêtes… Sans jamais réellement savoir, sans réponse.
Parfois tes doutes, jusqu’à l’identité de cette interlocutrice  qui ne s’est jamais confirmée, t’ébranlaient jusqu’à imaginer que ce n’avait jamais été que chimère. Mais ce souffle des mots surveillés derrière les feuillets du journal entretenait ce rêve d’une autre vie pour continuer à résister dans la tienne, chez toi où tu avouais te sentir étranger ;  jusqu’à cette erreur même –les  lignes à l'identité incertaine, toujours – alors que l’histoire semblait pouvoir retrouver son fil.

    Mais Nous s’est révélé, est né. J’ai cru qu’il était fort, de la taille à étouffer cette histoire. Nous, c’est l’Amour, en réalité. Pas une chimère, ni un rêve ou un espoir. Une réalité, riches de rêves et d’espoirs à partager, à vivre ensemble.
Mais dans ton esprit il y a dix années alimentées de cette présence dans l’irréel, si dense que tu ne peux te libérer de cet espoir fou de la voir un jour être réelle.
Tu n’arrives pas à choisir où tu veux faire basculer ta vie.
Cette femme, tu veux la rencontrer ; oui il le faut –trop d’incertitudes
Mais je croyais, du moins j'espérais que c'était pour pouvoir mettre un terme à cette histoire qui n'a pas pu être, pour l'enterrer définitivement et pouvoir repartir... non pas dans l'espoir de la faire peut-être vivre!
Que tu aies besoin de la voir, de lui parler, de vous expliquer, je le comprends... je le crois même nécessaire, mais que suis-je moi? Que puis-je attendre alors que tu me demandes si je suis prête à faire le  chemin avec toi puis, ensuite, ma réponse sur les lèvres, m’expliquer que « c’est  elle ou toi pour l’avenir».
Je suis là, et je T'aime vraiment. Ces mots c’est la sensation d’angoisse absolue, qui vous noue l’âme et la chair au plus intime.
Et de nos douleurs intimes et qui font mal à l’autre nous n’avons que des mots trop petits  que nous hésitons à nous donner.



 
    Il y a tellement à se dire…
De toi, de moi, de nos sentiments, de nos histoires…
Et souvent face à face, les mots se nouent d’émotions et nous ne savons qu’échanger nos lèvres en baisers, en paroles silencieuses ; mais là derrière nos écrans –comme protégés ? moins découverts au regard de l’autre – nous disons, à claviers déliés.
Quel est ce médium si incroyable qui est la distance et nous permet de nous confier.
Un peu de toi, de moi, de nos sentiments de nos histoires déposés ici…
Mais n’est-ce pas ici que nous nous sommes trouvés ?


De : Moi@mail.com
Objet :     Elle... moi
Date :     6 août 2006 13:29
À : TOI@mail.com

TOI,
Excuse-moi de n'avoir la force que de dire par ici et de ne pas savoir exprimer au téléphone, où tout se noue en une boule étouffante au fond de la gorge,
ce que suscite en moi cette histoire...
Je devinais, je sentais qu'il y avait eu un message: je te sens moins vers moi...
Et ce mal à m'endormir, ce besoin d’écrire et des dessins, n'est autre que ça.
Je t'entends dire que si tu étais sûr, tu partirais de suite...
mais comme il est douloureux de finalement sentir que cette rupture avec ta vie actuelle, n'est pas significative d'un pas vers moi.
Et j'attends là, à me demander comment me battre face à ce rêve, ce mystère.
Et je suis là, avec la force simple et douce de mon Amour pour Toi, dans la réalité.
Et je suis là, avec la volonté, la certitude d'un bonheur à construire avec Toi.
Tu veux, tu vas la rencontrer; mais au-delà de la rencontre, de l'explication, qu'espères-tu, que veux-tu? et de Nous qu'attends-tu, que souhaites-tu?
Je ne peux rien te demander, ce rêve, ce choix n'appartient qu'à Toi, mais ne me laisse pas longtemps dans cette angoisse rongeante!
Je T'AIME et c'est entière que je me donne à Nous -et  tu as eu des mots forts me confortant dans cette voie, alors j'ai besoin de savoir si ce n'est pas dans le vide que je me suis jetée.
Excuse-moi de ces mots-là, mais je suis sûre que tu comprends.
Je T'embrasse, sens-tu l'Amour pour Toi?
Sandrine


De : TOI@mail.com
Objet :     AmourL'Amour
Date :     6 août 2006 16:26
À : Moi@mail.com

Sandrine, je t'aime et le choix se porte de savoir si cette personne que j'aime peut-être en rêve est vraie ou pas...
Ce que je veux savoir c'est cela... le choix de ma vie est conditionné à cela...
Toi et moi
ou
Elle et moi
Je ne peux te dire plus, ni mieux.
Je sais ton Amour.




6/08/06, 18:42
Message instantané Internet avec TOI@mail.com.
TOI est maintenant connecté.

-Ici
le temps de Toi
-Ici moi aussi...
-...tu veux me dire quelque chose Sandrine...?
-Que dire... les mots, le souffle me manquent...
-Que ressens-tu…?
-juste te dire que mon Amour à moi existe, fort, réel!
-Je le sais, Sandrine
-L'angoisse de n'avoir peut-être que le vide face à tout ce que j'éprouve, ce que j'espère
comme si l'on me disait que peut-être demain on me retirera l'air
-je ne peux ni te rassurer ni ... mais je suis avec Toi là, ici et maintenant.

-Qu'espères-tu de Nous?
-J'espère que cela continue,
que tu me rendes Heureux ;
et tout.
-Je ne le peux si tu es  " là-bas "
-Seulement je veux éclaircir cette relation,
est-ce vrai son Amour déclaré, le mien pour Elle...?
-Et s'il est vrai?
-Je ne t'ai jamais caché quoi que ce soit.
-Je le sais, je t'en remercie.

-Si il est Vrai
Dilemme!
-Je suis LÀ, je me donne à Nous,
Elle?
-Elle?
Elle dans un sens aussi.
Seulement dans un sens.
Si c'est vrai, elle aura tenu dix ans à espérer...
-Et à refuser...
-Si c'est vrai c'est un Amour incroyable de ce côté-là aussi mais...
Je ne peux supputer, il faut éclaircir.
Oui aussi à refuser quelque chose, un je-ne-sais-quoi qui lui paraît insupportable et à espérer que le supportable advienne...
-J'espère que vite tu le pourras et je le crains aussi, mais je ne peux rester ainsi
-c'est pareil pour Moi et Toi

-J'y ai cru tellement!
-Tu peux y croire encore
-Croire quoi... que peut-être tu vas choisir l’autre
-Ne sois pas défaitiste avant que je ne la rencontre,
d'ailleurs je ne sais pas si cela sera possible.
Non j'ai un choix à faire
-Je ne suis pas défaitiste, mais j'ai mis tout moi vers Toi,
-Je sais cela
-alors, j'ai aussi peur de m'écraser au fond d'un vide,
-Je suis là, ici, de l'autre côté du miroir,
-ce qui ne veut pas dire que je ne bats pas pour faire vivre NOUS
-n'en sois pas effrayée


19:00
-Si tu choisis Elle, que suis-je moi?
-Sandrine, ne fais pas de supputation sur l'Avenir,
nous sommes ensemble.
Elle peut n'exister que dans ma tête et ainsi....
-Tu ne peux pas m'empêcher de penser que "pour l'avenir, c'est elle ou moi" –tes mots !
-Je ne t'empêche rien ;
je tente de te dire que nous sommes bien ensemble
-OUI
-même très bien,
-et Nous n'est pas qu'un rêve,
-c'est tout
-je veux que cela  dure, je veux construire ce bonheur avec Toi.
-Je Le sais
Et je m'en réjouis
Rien dans ma tête n'est fait avec Elle
Le Sais-tu?
-Qu'espères-tu?
-Un Amour
-Tu l'as ICI
-avec Toi ou Elle.
Je ne peux pas être plus précis
Tu ne pourras rien te reprocher si je choisis Elle
-Tu as cet Amour, il est là, je suis là
-mais moi Oui
Si Elle existe vraiment, à ce moment-là j'aurais à faire ce choix
mais pour l'instant c'est TOI TOI et Moi, Toi avec moi.

-Quand essaieras-tu de créer cette rencontre?
-Je ne peux en dire plus Sandrine ;
si je pars au Moyen-Orient, j'espère avant
-Je suis ici aussi, avec TOI
-Sandrine on tourne en rond
-Il faudrait... tes projets se précisent?
-J'ai une autre piste pour ce voyage.
-Je ne crois pas que nous tournions en rond... je sais mieux où tu en es.
-Je n’ai pas réussi à voir ce médecin libanais pour l'instant, mais j'aurai un contact bientôt
-Une autre piste?
-Je peux y passer tout à l'heure en repartant d'ici peut-être
-Et ton projet, comment se dessine-t-il?


-Sandrine:  « je ne crois pas que nous tournions en rond... je sais mieux où tu en es » Pour répondre : Je suis avec Toi Sandrine
-...OUI, mais comprends que j'ai besoin de savoir ce que tu ressens... d'Elle et de Moi ;
 et merci de me dire
-Et  qu'en penses-tu?
-Je comprends, j'ai compris ce que tu écris.
Ce que je pense de?
-De notre échange
à L'Amour

-Je connais l'angoisse, comme une suffocation et l'Amour comme un Bonheur inespéré...
Mais les deux sont en moi et j'espère, je me battrais pour que tu viennes vers ce qui existe, que tu en sentes la force et tout ce que je crois possible, que tu ne veuilles que Nous.
-Je le sais et je le sens
-Je me demande aussi parfois ce qu'il manque ici pour Toi, pour qu'encore tu puisses espérer ailleurs
-Je n'espère pas ailleurs,
je veux savoir,
c'est quelque chose de très TROP? Fort ;
que je ne puisse savoir me rendrait pas bien,
j'ai espéré très longtemps
-Je comprends ce besoin de savoir, mais tu dis aussi que le choix sera à faire, ce qui veut dire que tu peux partir vers elle...
TOI et MOI existe!
-C'est tout ce que j'ai désiré pendant ces années ;
je ne voyais qu'Elle,
me comprends-tu?
-Je sais.
-Elle m'a aveuglé,
je veux savoir ou tenter de savoir
-OUI, je te comprends, mais je vois aussi que rien n'a pu exister,
alors que Nous est né.
-OUI Car il n'y avait qu'Elle devant MOI.
L'espoir de la rencontrer m'a tenu
-Elle qui ne voulait pas
-pour lui dire et savoir
-qui ne faisait pas le pas vers toi
-Je me suis mis dans la tête qu'elle le faisait avec ces messages
-C'est irréel... elle n'a pas accepté de venir réellement vers toi, de construire quelque chose.
-C'est un fait
-Un fait... ? ces messages ou ce refus?
-Ce refus.
En cours de route, elle m'a averti de son choix de me voir libre avant tout.
Apparemment elle s'y tient.
-Comment l'a t-elle fait?
-Par voie de presse ;
l'année dernière elle me téléphonait sans dire un mot
-Mais lorsque tu t'es libéré, lorsque tu lui as montré ce que tu pouvais faire pour aller vers elle, elle n'est pas venue vers toi…
-et tout le reste.
Oui,
elle pensait que je n'étais pas libre ;
c'est ce que je me suis dit.
-Et toi, que lui disais-tu lors de ces appels silencieux?
Tu lui avais montré que tu étais parti de chez toi...
-Peut-être pas assez clairement


19:30
-Mais pour l'instant nous en sommes là et tu Existes Sandrine,
toi et Moi
-OUI, et je te montrerai, je te donnerai cet Amour si fort.
"Peut-être pas assez clairement" c'est aussi assez facile, voire lâche de ne pas avancer un minimum alors que tes pas vers elle étaient manifestes...
-Assez parlé d'Elle, NON?
-Excuse, je ne veux pas juger, mais je suis de ceux qui FONT.
Oui, parle- moi de TOI.
-Ne sois pas  ainsi
-Pas ainsi? je veux dire que je ne suis pas passive dans ma façon d'avancer ma vie, que je m'engage et que je réponds à ce qui m'est donné
Et je répète que je ne juge rien, j'essaie juste de comprendre aussi...
-OUI un peu "vacharde" sur cette Femme
-Moi?
pour elle?
-Un peu tout de même.
Bon parlons d'autre chose,
demain je suis avec Toi
-OUI?
Tu rentres ici?
-OUIOUIOUIOUIOUIOUIOUI
-...juste pour conclure: je crois que l'Amour est une force... pas juste une attente et je n'ai pas l'impression qu'elle ait été, qu'elle ait agi pour que quelque chose existe.
-!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
-Que dis-tu là?
-OUI!
Moi je serai demain avec Toi si tu existes.
-JE SUIS LÀ,
NOUS SOMMES.
C'étaient pour quoi tous ces !!!! ?
-Pour toi
-Demain, comment?
-Là.
Je vais quitter bientôt,
j'espère te voir demain.
-Demain dis-moi?
OUI
-Matin?
-Je suis ici et où il faudra pour être avec Toi,
autant, comme et quand tu veux!
-Je t'embrasse ; je vais essayer de rencontrer ce Libanais.
-Bien, j'espère une rencontre fructueuse...
ton projet se prend-il forme aussi?
-Pas pour l'instant, j'ai besoin que l'on me parle de ce pays autrement que par média interposé.
Bises Sandrine.
-L'avis d'étrangers qui y sont allés est-il intéressant pour toi?
-Vraiment c'est ce que je cherche.
-Demain, j'ai un appel à passer... si un repas s'organise chez moi, viendrais-tu?
-Oui,
et comment!
-Peut-être un contact…
je te dirai mieux après l'appel ;
ce ne sont que des idées, des tentatives pour l'instant.
-Merci,
j'y vais,
BISOU X.
-Dis-moi tes projets, tes idées, tes pensées, je suis avec Toi ;
BisouX, bonne soirée.
-À quel propos Sandrine?
-TOUT,
Toi, ton travail.
-J'ai la tête vide  là,
mais je pourrai t'en parler, demain.
-Ce n'est pas forcément dans l'instant,
-Bise.
-c'est dans "l'absolu".
Bisoux, par nuées comme des étoiles!
-Je quitte,
-Bon soir, bonne nuit.
-belle soirée.

TOI s’est déconnecté.




Quelques semaines après, à peine, un dimanche matin inattendu, bagages à la main tu as frappé, je t’ai ouvert, je t’ai gardé. Tu restes.
Je sais que l'histoire n'est pas résolue... que tu tentes de faire le vide après le silence qui répond à ta dernière injonction aux mots clairs; mais tes paroles sont parfois rares… Les bouffées d’angoisse alors s’insinuent sournoisement dans cet espace inoccupé.
Rassure-moi de ma présence dans ton cœur et tes pensées qui ne te donne plus le rêve inavoué de cette autre histoire, la certitude qui s’impose à toi que ta vie est bien là, avec moi, NOUS, que je n’ai plus besoin de t’attendre, que tu es arrivé définitivement avec bonheur où je suis depuis tes premiers mots.
Ne retiens pas ces mots –c’est un sentiment à exprimer, pas un engagement – dis-moi que tu m’aimes !



                                                    SandrineG
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Mercredi 22 novembre 2006
 


    Ce matin, Kennera, comme chaque dimanche, vint s’appuyer contre sa toise à tête de Mickey fixée au mur de sa chambre. Elle sentit alors une goutte tomber sur son front et surprise leva les yeux au mur : elle vit des larmes couler sur le visage de Mickey. D’autres sanglots s’élevèrent bientôt dans la chambre. Son éléphant rose mouchait vigoureusement sa trompe, ses poupées aux belles robes s’essuyaient les yeux de leur petits mouchoirs en dentelle et son gros ours en peluche reniflait, les yeux rouges en essayant de sourire malgré tout à la petite fille qui le regardait, désemparée.
    Elle avait bien vu depuis quelque temps que chaque fois qu’elle venait se mesurer ici, tout semblait triste. Elle savait bien aussi que sa tête restait désespérément sur la même marque : elle ne grandissait plus !
Elle allait avoir six ans et elle ne grandissait plus !
    Cédant au désespoir qui l’envahissait, elle ne pu plus longtemps retenir les larmes qui piquaient ses yeux. Les grosses gouttes salées vinrent brouiller son regard et rouler sur ses lèvres.
Sa maman ne tarda pas à pénétrer dans la chambre inquiète des sanglots qui lui parvenaient jusqu’à la cuisine où elle préparait joyeusement le petit déjeuner qu’ils allaient partager en famille. Elle serra fort Kennera dans ses bras, embrassant silencieusement ses yeux pour la rassurer, sans un mot.
    Enfin quand les  pleurs se calmèrent, Maman demanda doucement ce qui rendait si triste sa petite fille… Kennera lui raconta les larmes de ses peluches et sa tête qui ne montait plus vers le haut de la toise malgré ses efforts pour garder son dos bien droit et la soupe qu’elle voulait bien manger tous les soirs; puis sa voix devînt hésitante et elle avoua aussi à Maman quelque chose de bizarre qui s’était produit dans sa bouche, quelque chose qui semblait être le début de ses ennuis… Elle ouvrit doucement la bouche et montra deux petites perles blanches qui étaient apparues là, juste derrière les autres, devant la langue qu’elles chatouillaient. Maman parue enchantée de cette nouvelle et lui expliqua que c’étaient là ses dents de grande fille qui commençaient à pousser pour remplacer ses toutes petites dents de lait, qui devaient bouger et tomber bientôt. Alors, les larmes de Kennera refoulèrent et d’une voix entrecouper de hoquets, elle dit qu’elle savait, que déjà ses amies dans la cour de récré lui avaient montré, toutes fières comment elles devenaient des grandes filles… Mais elle, ses petites dents ne voulaient pas bouger et les nouvelles derrière ne poussaient pas. Elle était maintenant sûre qu’elle resterait toujours une petite fille avec des petites dents !

    Maman encore la rassura de douces paroles et lui expliqua qu’il existait un docteur, un dentiste, disait-on, qui s’occupaient des dents des gens pour leur redonner toujours un beau sourire. Elle l’appellerait dès le lendemain. Kennera acquiesça, un peu inquiète malgré tout… qu’allait faire ce « dentiste » dans sa petite bouche ?...
Le lendemain matin, Maman téléphona à ce mystérieux docteur qu’elle n’avait jamais vu, le Docteur Dentine et il fut convenu que Kennera viendrait lui montrer ses nouvelles dents le mercredi.

    Le mercredi donc Maman conduisit sa petite fille inquiète chez le Dr. Dentine. Kennera avait peur que quelqu’un touche dans sa bouche, avec de grosses mains imaginait-elle… elle avait un peu mal à l’estomac aussi ,  bien que toute la nuit elle ait parlé à Nounours lui posant plein de questions qu’elle n’osait demander à Maman. Et puis Maman malgré sa bonne humeur apparente semblait inquiète elle aussi…
    Le Dr. Dentine accueilli la petite fille avec un gentil sourire et des paroles réconfortantes. C’était une dame, habillée tout en blanc, comme une infirmière pensa-t-elle, avec une petite souris grise brodée sur le devant de sa blouse et qui semblait faire des clins d’œil à Kennera…
La dentiste la fit asseoir sur le grand fauteuil bleu et s’assit près d’elle. Elle lui expliqua que sa maman l’avait appeler pour lui dire que ses petites dents faisaient des caprices, elle lui dit aussi que la Petite Souris (connaissait-elle la Petite Souris ?) lui avait raconté que Kennera ne grandissait plus et toute la tristesse de ses nombreux amis peluches.
Kennera ne connaissait pas la Petite Souris, elle pourtant l’amie de tous les animaux merveilleux… des pays des fées et des contes que Maman lui lisait.
    La Petite Souris, raconta à voix basse la dentiste, était une toute petite souris grise, très timide, l’amie des dentistes et des petits enfants, qui s’occupe des dents de lait des enfants qui grandissent quand elles tombent, elle vient les chercher, sans que personne ne la voit, la nuit, sous l’oreiller pour les emmener pour un très long sommeil derrière les nuages… Et en souvenir, elle laisse aux enfants sages une petite surprise qu’ils trouvent à leur réveil… Kennera égayée à cette idée voulut savoir quelle surprise lui apporterait la Petite Souris… mais c’était un secret, elle réservait quelque chose de spécial à chaque enfant…

    La dentiste expliqua aussi à Kennera qu’il fallait qu’elle enlève ses toutes petites dents de lait qui ne voulaient pas tomber, pour que les jolies perles blanches, là derrière, puissent venir dessiner un beau sourire à Kennera. Un sourire de grande fille.
À nouveau la peur envahit l’estomac de Kennera… comment pouvait-on enlever ses dents, elle ne voulait pas, elle allait avoir mal…
Dr. Dentine de sa voix douce expliqua encore que la Petite Souris était aussi venue la voir pour lui apporter un peu de la potion magique du marchand de sable, enfermée là dans cette petite capsule, pour faire dormir ces petites dents qui ne sentiraient rien… elle avait aussi laisser cet instrument brillant, comme une pince qui était en fait une cueilleuse de dents qui les attraperait comme on cueille des fraises, délicatement. Kennera encore un peu tremblante accepta d’ouvrir la bouche tout en tenant la main de Maman près d’elle qui lui parlait de la Petite Souris.

    Dr. Dentine mit ses gants et tout en expliquant à Kennera ce qui se passait, frotta un peu de potion magique toute froide sur la gencive ; Kennera frissonna de surprise , puis Dr.Dentine lui demanda de fermer les yeux pour que le secret du marchand de sable ne soit pas dévoilé (Maman aussi fermait les yeux) et elle sentit un tout petit pic près de ses dents et bientôt une impression bizarre envahir sa lèvre. Elle ouvrit des yeux interrogateurs. La dentiste la rassura en lui disant que la potion du marchand de sable se promenait sous sa gencive pour entourer ses dents comme de petites fourmis qui allaient les emporter au pays du sommeil. Kennera sourit de cette impression étrange qui lui envahissait ses lèvres qui semblaient devenir comme des ballons gonflés !
    Bien vite, elle ne sentit plus rien comme le lui prouva la dentiste du bout de son instrument… Elle ouvrit alors grand sa petite bouche et de sa cueilleuse de dent la dentiste fit un peu secouer sa tête et avant qu’elle n’ai eu le temps de s’en apercevoir, elle vit sa toute petite dent comme une perle dans la main de Dr. Dentine. Il y avait bien une goutte de sang, mais comme elle ne sentait rien, elle n’eut pas peur. Dr. Dentine, tout en la félicitant de son courage qu’elle promettait de raconter à tous les autres enfants qui venaient ici, et bien sur à la Petite Souris, cueillit tout aussi délicatement la deuxième dent ! Kennera se sentit soulager, fière, elle n’avait pas bougé, et n’avait absolument pas eu mal !
Elle se leva vite pour voir sa bouche ainsi soignée, mais les nouvelles dents restaient encore loin derrière les autres. Dr Dentine expliqua que les dents n’avaient pas de pieds et donc n’avançaient pas vite, c’est la langue en poussant qui les aiderait à prendre leur place dans le nouveau sourire rayonnant de la jeune fille!
Maman aussi était très fière de sa petite fille !
    La dentiste remis les petites dents à Kennera, lui indiquant qu’il fallait dès le soir les déposer sous l’oreiller, enroulées dans un petit mouchoir pour que la Petite Souris les emporte. Elle allait, dès que Kennera serait partie, téléphoner à la Petite Souris pour lui dire que les dents avaient été cueillies et tout le courage de Kennera, pour que dès cette nuit elle vienne sous l’oreiller.
Kennera repartit, après un bisou au Dr. Dentine qui lui avait redonné le sourire et impatiente que vienne l’heure où Maman la borderait pour attendre la Petite Souris, qu’elle était sûre elle verrait trotter près de son oreiller car elle ferait semblant de dormir !
    Après l’histoire de chaque soir, Maman embrassa Kennera, elles vérifièrent ensemble que les dents étaient bien posées sous l’oreiller, Kennera recula un peu sa tête pour que la Petite Souris  puisse prendre le précieux paquet et l’on éteignit la lumière. Toutes les peluches curieuses et impatientes essayèrent de garder les yeux ouverts, mais comme la petite fille ne purent longtemps céder au pouvoir du marchand de sable qui les emporta tous dans le lointain pays des rêves.

    Au réveil Kennera s’aperçut que quelque chose soulevait son oreiller, ce n’était plus le petit paquet des dents qui avait disparu sans qu’elle ne s’en aperçoive, ses peluches non plus n’avaient rien vu, lui promirent-elles… Kennera poussa vite l’oreiller pour découvrir une jolie souris toute grise avec deux petites dents au milieu de son sourire complice et l’intérieur des oreilles tout rose doux. Un petit bout de papier soigneusement plié avait aussi été déposé là, elle le déplia et pu lire en suivant avec son doigt :
 « Tu es grande maintenant »
    Elle bondit hors de son lit et vint s’appuyer contre Mickey… toutes les peluches, la jolie souris au centre formèrent une ronde et se mire à danser : Kennera avait grandi !
Elle avait des dents de grande fille, elle n’aurait plus peur du dentiste ! elle avait grandit !!



                                                                                        SandrineG
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Samedi 21 octobre 2006
(À Toi, Amie, hommage)              


    Près d’elle, paisible, son corps endormi.
Le corps de l’être aimé, chéri. Ce corps solide et doux à la fois contre lequel elle aimait à se blottir pour sentir les cœurs en harmonie ; celui qui la protège dans toutes les guerres de la vie.
Ce corps qui pourtant ne lui donnait pas le plaisir charnel, l’extase inouïe ; à qui son corps n’offrait qu’un vide en écho. Résonance des blessures passées. Pas cette communion à l’extrême absolu. Elle ne connaissait pas, jamais… elle ne savait pas.
    Et comme souvent, juste après, quand il fut endormi, sa détresse, sa solitude vinrent déchirer la nuit et les souvenirs, lames violentes, lacérer les ténèbres. Elle se tourna vers le portrait posé sur le chevet cherchant à travers l’ombre la lueur de ses yeux qu’il lui avait transmis. À lui, elle confiait en silence tout le poids qui lui écrasait le cœur. À lui, son père, elle aurait voulu parler…

    Elle avait si peu connu son père, trop peu.
Il était parti si vite ; elle avait cinq ans à peine –une bombe aveugle dans un conflit qui n’était pas le sien.
C’avait été vide et froid, à la maison, autour d’elle.
Plus de bras forts qui consolaient si bien ses chagrins de petite fille, plus de grands fous rires de joueurs complices. Finies les soirées douces où elle s’endormait contre la chaleur de son épaule, maman inventant des histoires de fées, et les petits-déjeuners joyeusement embrumés avec de la confiture pour égayer leurs joues à peine éveillées.
Plus que des larmes et des cauchemars pour chaque jour et chaque nuit qui se succédaient, sans le lui ramener. Et Maman trop triste pour la consoler

    Dans le jardin d’à côté, les enfants joyeux continuaient à jouer sous le regard du voisin qui de temps en temps l’invitait. Leur mère était partie aussi, pas loin, ils étaient ensemble tous les week-ends.
Elle aimait ces moments où dans l’insouciance des jeunes années, elle retrouvait la légèreté des rires d’enfants. Elle les avait toujours côtoyés, même âge, même école, mêmes jeux ; c’était devenu un havre dans son univers assombri.
Et encore à douze ans souvent le mercredi, elle allait y partager ses après-midi. Partager ses jeux, ses rires, entourée de gaîté, d’amitié et de l’attention bienveillante de Sylvain, un ami, finalement leur père aussi, un confident parfois.
Ses enfants adoraient ce père solitaire qui les choyait, aimant et protecteur. Elle aurait voulu ainsi être protégée, dorlotée…
Sa mère après quelques années avait bien épousé un autre homme, mais sévère et toujours occupé –pas d’histoire du soir, pas de câlin du matin– elle n’arrivait pas à l’aimer…
    Lui, Sylvain, prêtait toujours une oreille à ses chagrins, ses inquiétudes, toujours quelques minutes à sa solitude lorsqu’elle traînait le pas entre l’abribus et la maison où personne ne l’attendait. Elle aimait cette attention réconfortante, l’intérêt dans ses yeux ; il aimait sentir son sourire se réchauffer, la bercer de ces mots presque paternels, l’apaiser. Elle trouvait là l’aile rassurante qui lui manquait, l’amitié qu’ailleurs elle avait du mal à créer. Il trouvait là le plaisir de tendre la main, du soutien, l’affection innocente, celle dont ses enfants qui s’éloignaient vers leur mère le privait…
Ces moments privilégiés, ces quelques instants improvisés du soir, ils finirent par les chercher, les provoquer, naturellement, un besoin, une évidence !
Libre et sincère elle confiait ici ce qu’elle aurait dit à un grand frère, un père ; ces rêves de petite fille, ces questions de collégienne ; l’adolescence troublante qui cherche ses repères…
Comme un père, Sylvain lui répondait, lui racontait la vie, le monde…
Parfois désarçonné, ému, et puis aussi parfois troublé, de plus en plus avec le temps qui passait… Cette gamine, presque adoptée, mélancolique et douce, devenait une jeune fille intelligente et émouvante…
Son corps aussi se transformait, expression de sa féminité, de sa sensibilité. Il voyait la femme qui naissait, authentique et neuve, juste à ces côtés…
À l’émotion du cœur de père s’invitait l’émotion du corps d’homme. Son attirance indomptable grandissait, son désir impérieux s’imposait. Il pensait à la douceur des corps qu’il avait aimés, au plaisir sublime et sauvage qu’il n’avait plus, depuis trop longtemps, goûté.
Ces images nettes, puissantes revenaient ; ses minutes avec elle s’en envahissaient. Ce corps, ce corps ! Elle était femme à n’en pas douter !!
Et cette innocence, cette fraîcheur inconnue l’envoûtaient. La grâce, la légèreté, joyaux de jeunesse qui étincelaient…

    Et à l’abri des regards facilement évités, il lui parlait plus près, il la frôlait, volant la caresse des cheveux défaits, captant la respiration parfumée. Tout le tendait vers elle. Il avait saisi sa main, il n’avait plus su résister.
Il oubliait qui elle était.
Son âme d’enfant de ses  fantasmes se masquait.
Il oubliait qui elle était, il oubliait le respect de son enfance, le respect de son innocence, cette femme qu’elle devait devenir, cet avenir qu’elle avait à construire.
Conscience envolée, seul son désir comptait.
Il avait pris sa main, sa taille, l’avait fait basculer. Sans question, sans hésitation, tout entier à ses pulsions.
    Il n’avait bien sûr pas vu son regard se voiler.
    Dans cette bourrasque inattendue, elle chancelait. Elle n’avait pas compris, sa main dans sa main et puis sa taille enlacée. Elle avait balbutié, essayé de parler. Mais ses mots à lui la devançaient, il se faisait doux, rassurant, ses paroles comme pour la bercer, l’endormir : elle savait qu’il ne lui voulait aucun mal, qu’elle pouvait avoir confiance, il lui avait tant montré, n’est-ce pas ? Elle ne devait pas s’inquiéter et juste le laisser la guider ; fais-moi confiance, fais-moi plaisir. S’il te plaît…
Elle titubait entre son doute –l’inconnu– et son amitié, leur fidélité, depuis des années il était là comme une aile paternelle ; pourtant… ses gestes nouveaux, étranges, déplacés, qui la gênaient ; des ombres planaient mais elle ignorait. Elle ne s’était pas échappée.

    Et puis tout avait été déchiré : ses vêtements, son corps entier.
Il avait tout piétiné, sa pudeur, sa nudité, sa virginité. Il avait tout tué, sa pureté, sa confiance.
Dénudée, elle avait tremblé. De peur, de honte. Il volait les secrets de son corps, son intimité.
Touchée, explorée, elle s’était sentie humiliée.
Et encore ses mots qui la submergeaient, cette musique de la voix amie qu’elle connaissait, ses mots qui la retenaient –fais-moi confiance, tu me connais…
Elle ne voulait pas trahir ce qui les liait. Elle ne s’était pas échappée.
Et son corps mâle s’était rapproché. Et la douleur.
La brûlure qui la pénétrait, l’écartelait, rongeait son ventre, le fond de son être. Toute sa chair en hurlait, elle saignait, elle pleurait alors qu’il râlait, comblé. Le sang, les larmes coulaient, la morsure la transperçait et un vide glacé aussi l’envahissait, il se retirait, vampire rassasié.
Il  vît ses pleurs ; vampire, il avait relevé sa victime qu’il voulait préserver, alors il l’avait entourée, dorlotée, comme lorsqu’il calmait ses sanglots de petite fille. Il lui avait doucement parlé, tout doucement : cette douleur, c’est normal, ça va passer, c’est oublié, ça ne reviendra pas, tu sais que je ne te veux que du bien, tu es ma protégée, tu le sais…
    Et ses flots murmurés, cajoleurs, elle s’y était laissée glisser, pour oublier. Elle avait honte, elle avait mal et elle s’en voulait… il était comme un père pour elle, elle le savait ; elle ne voulait pas le décevoir.
Alors elle l’avait laissé recommencer, encore, souvent, chaque fois qu’il le désirait. Elle taisait la blessure qui toujours s’ouvrait, elle lui faisait plaisir, c’est tout ce qui comptait !
Chaque fois il se rassasiait de son corps, jusqu’à la jouissance ultime, dans une extase d’égoïsme absolu, il la possédait, il l’oubliait !
    Et elle le laissait recommencer, encore, toujours, sans oser le refuser.
Son plaisir toujours elle satisfaisait, mais l’aile protectrice se déplumait… son corps à proximité, son coeur ami qui s’envolait… sa détresse grandissait….

    Elle se souvenait, et encore ce soir la déchirure la brûlait, morsure éternelle de son corps cassé, de son âme bafouée.
C’est la honte qui longtemps l’avait étouffée, elle haïssait ce corps qu’il avait dilapidé.
Et puis l’angoisse, peur animale ancrée au fond des entrailles chaque fois qu’un garçon la frôlait. Peur de cette douleur qui couvait ; elle haïssait ce corps qui l’isolait.
Et son âme aussi souffrait, c’était venu plus tard, elle grandissait et les cauchemars toujours la hantaient.     Ce n’est qu’après des années qu’elle avait compris le mal-être qu’elle portait, quand Alexandre, patient et attentif, avait réussi à l’approcher.
Elle se souvenait de cette enfant fragile qu’elle était… proie facile du piège à peine dissimulé.
Elle avait été piégée, oui, sans conscience de cette atteinte qui l’avait brisée.
Fragilité abusée, amitié trompée, confiance trahie,
Il l’avait détruite avant qu’elle ne soit construite, étouffée dans sa coquille, chrysalide qui ne pourrait se métamorphoser. Il avait tout éclaté : sa pudeur, son corps d’enfant qui s’épanouissait, sa sincérité, son innocence  et toute cette confiance, si grande, qu’elle ne savait plus donner.
Dans l’oubli de ce qu’elle était, il avait tout tué : leur passé, son présent, ce qu’elle devait devenir. Il avait tout oublié, le respect d’elle, enfant, de sa vie, de la vie.
Et longtemps, pendant de très longues années, jusqu’à Alexandre, elle n’avait été que chrysalide enfermée, elle ne respirait qu’amertume sans trouver l’air qui la libérerait.

    Lui, Alexandre, avait su l’apprécier, la respecter, lui donner sa confiance, lui apprendre la confiance, l’attendre et la trouver, la libérer, la faire revivre.
Elle avait avec lui découvert l’amour, inconditionnel ; avec lui, elle vivait.
    Mais toujours son corps refusait, blessé à jamais dans les chairs tendres qui n’avaient pu se refermer. Et à ce corps, cet homme qu’elle aimait, elle ne pouvait offrir ce bonheur en partage, ce voyage ensemble aux cieux sans frontière. Elle aurait tant aimé tout lui donner dans cet amour et cette reconnaissance qui n’avaient que la vie comme limite…

    Sa détresse, sa solitude déchiraient sa nuit.




                                SandrineG
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