Je suis invitée à me jeter yeux et âme dans les belles Pyrénées photographiées par Serge SCIBOR.
Le coeur bat un peu plus fort à de telles images, comme à certaines rencontres... j'y joins un texte, d'une histoire qui a brûlé.
Je vous livre cet ensemble, au sommet.
Un aigle plane sur les reliefs de ma vie,
royal à la puissance innée,
ombre apaisante sur les sommets brûlants,
souffle rassurant dans les vallées assombries ;
La montagne s'anime au vol de l'aigle
Tu possèdes chaque recoin comme si tu l'avais toujours connu,
mon corps vit de ta vue d'or
ton envergure déployée sur moi dimensionne mon être,
tu habites mon monde qui s'illumine sous tes plumes,
je suis à ta majesté spontanée, domaine conquis
Ton vol dessine mes joies,
ton cri résonne mes bruissements, me parcourt en échos
Un aigle plane pour révéler mes cimes,
un aigle pique pour raviver mes vallées
extirpées des abîmes;
serres affûtées sous les tonnerres,bec aux aguets -Protégée.
un aigle vole sur moi
je vole en toi, l'aigle.
Je t'érige ton aire
SandrineG









Photos Serge SCIBOR (merci!)
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Coups de coeur
Mercredi 22 novembre 2006
Ce matin, Kennera, comme chaque dimanche, vint s’appuyer contre sa toise à tête de Mickey fixée au mur de sa chambre. Elle sentit alors une goutte tomber sur son front et surprise leva les yeux au mur : elle vit des larmes couler sur le visage de Mickey. D’autres sanglots s’élevèrent bientôt dans la chambre. Son éléphant rose mouchait vigoureusement sa trompe, ses poupées aux belles robes s’essuyaient les yeux de leur petits mouchoirs en dentelle et son gros ours en peluche reniflait, les yeux rouges en essayant de sourire malgré tout à la petite fille qui le regardait, désemparée.
Elle avait bien vu depuis quelque temps que chaque fois qu’elle venait se mesurer ici, tout semblait triste. Elle savait bien aussi que sa tête restait désespérément sur la même marque : elle ne grandissait plus !
Elle allait avoir six ans et elle ne grandissait plus !
Cédant au désespoir qui l’envahissait, elle ne pu plus longtemps retenir les larmes qui piquaient ses yeux. Les grosses gouttes salées vinrent brouiller son regard et rouler sur ses lèvres.
Sa maman ne tarda pas à pénétrer dans la chambre inquiète des sanglots qui lui parvenaient jusqu’à la cuisine où elle préparait joyeusement le petit déjeuner qu’ils allaient partager en famille. Elle serra fort Kennera dans ses bras, embrassant silencieusement ses yeux pour la rassurer, sans un mot.
Enfin quand les pleurs se calmèrent, Maman demanda doucement ce qui rendait si triste sa petite fille… Kennera lui raconta les larmes de ses peluches et sa tête qui ne montait plus vers le haut de la toise malgré ses efforts pour garder son dos bien droit et la soupe qu’elle voulait bien manger tous les soirs; puis sa voix devînt hésitante et elle avoua aussi à Maman quelque chose de bizarre qui s’était produit dans sa bouche, quelque chose qui semblait être le début de ses ennuis… Elle ouvrit doucement la bouche et montra deux petites perles blanches qui étaient apparues là, juste derrière les autres, devant la langue qu’elles chatouillaient. Maman parue enchantée de cette nouvelle et lui expliqua que c’étaient là ses dents de grande fille qui commençaient à pousser pour remplacer ses toutes petites dents de lait, qui devaient bouger et tomber bientôt. Alors, les larmes de Kennera refoulèrent et d’une voix entrecouper de hoquets, elle dit qu’elle savait, que déjà ses amies dans la cour de récré lui avaient montré, toutes fières comment elles devenaient des grandes filles… Mais elle, ses petites dents ne voulaient pas bouger et les nouvelles derrière ne poussaient pas. Elle était maintenant sûre qu’elle resterait toujours une petite fille avec des petites dents !
Maman encore la rassura de douces paroles et lui expliqua qu’il existait un docteur, un dentiste, disait-on, qui s’occupaient des dents des gens pour leur redonner toujours un beau sourire. Elle l’appellerait dès le lendemain. Kennera acquiesça, un peu inquiète malgré tout… qu’allait faire ce « dentiste » dans sa petite bouche ?...
Le lendemain matin, Maman téléphona à ce mystérieux docteur qu’elle n’avait jamais vu, le Docteur Dentine et il fut convenu que Kennera viendrait lui montrer ses nouvelles dents le mercredi.
Le mercredi donc Maman conduisit sa petite fille inquiète chez le Dr. Dentine. Kennera avait peur que quelqu’un touche dans sa bouche, avec de grosses mains imaginait-elle… elle avait un peu mal à l’estomac aussi , bien que toute la nuit elle ait parlé à Nounours lui posant plein de questions qu’elle n’osait demander à Maman. Et puis Maman malgré sa bonne humeur apparente semblait inquiète elle aussi…
Le Dr. Dentine accueilli la petite fille avec un gentil sourire et des paroles réconfortantes. C’était une dame, habillée tout en blanc, comme une infirmière pensa-t-elle, avec une petite souris grise brodée sur le devant de sa blouse et qui semblait faire des clins d’œil à Kennera…
La dentiste la fit asseoir sur le grand fauteuil bleu et s’assit près d’elle. Elle lui expliqua que sa maman l’avait appeler pour lui dire que ses petites dents faisaient des caprices, elle lui dit aussi que la Petite Souris (connaissait-elle la Petite Souris ?) lui avait raconté que Kennera ne grandissait plus et toute la tristesse de ses nombreux amis peluches.
Kennera ne connaissait pas la Petite Souris, elle pourtant l’amie de tous les animaux merveilleux… des pays des fées et des contes que Maman lui lisait.
La Petite Souris, raconta à voix basse la dentiste, était une toute petite souris grise, très timide, l’amie des dentistes et des petits enfants, qui s’occupe des dents de lait des enfants qui grandissent quand elles tombent, elle vient les chercher, sans que personne ne la voit, la nuit, sous l’oreiller pour les emmener pour un très long sommeil derrière les nuages… Et en souvenir, elle laisse aux enfants sages une petite surprise qu’ils trouvent à leur réveil… Kennera égayée à cette idée voulut savoir quelle surprise lui apporterait la Petite Souris… mais c’était un secret, elle réservait quelque chose de spécial à chaque enfant…
La dentiste expliqua aussi à Kennera qu’il fallait qu’elle enlève ses toutes petites dents de lait qui ne voulaient pas tomber, pour que les jolies perles blanches, là derrière, puissent venir dessiner un beau sourire à Kennera. Un sourire de grande fille.
À nouveau la peur envahit l’estomac de Kennera… comment pouvait-on enlever ses dents, elle ne voulait pas, elle allait avoir mal…
Dr. Dentine de sa voix douce expliqua encore que la Petite Souris était aussi venue la voir pour lui apporter un peu de la potion magique du marchand de sable, enfermée là dans cette petite capsule, pour faire dormir ces petites dents qui ne sentiraient rien… elle avait aussi laisser cet instrument brillant, comme une pince qui était en fait une cueilleuse de dents qui les attraperait comme on cueille des fraises, délicatement. Kennera encore un peu tremblante accepta d’ouvrir la bouche tout en tenant la main de Maman près d’elle qui lui parlait de la Petite Souris.
Dr. Dentine mit ses gants et tout en expliquant à Kennera ce qui se passait, frotta un peu de potion magique toute froide sur la gencive ; Kennera frissonna de surprise , puis Dr.Dentine lui demanda de fermer les yeux pour que le secret du marchand de sable ne soit pas dévoilé (Maman aussi fermait les yeux) et elle sentit un tout petit pic près de ses dents et bientôt une impression bizarre envahir sa lèvre. Elle ouvrit des yeux interrogateurs. La dentiste la rassura en lui disant que la potion du marchand de sable se promenait sous sa gencive pour entourer ses dents comme de petites fourmis qui allaient les emporter au pays du sommeil. Kennera sourit de cette impression étrange qui lui envahissait ses lèvres qui semblaient devenir comme des ballons gonflés !
Bien vite, elle ne sentit plus rien comme le lui prouva la dentiste du bout de son instrument… Elle ouvrit alors grand sa petite bouche et de sa cueilleuse de dent la dentiste fit un peu secouer sa tête et avant qu’elle n’ai eu le temps de s’en apercevoir, elle vit sa toute petite dent comme une perle dans la main de Dr. Dentine. Il y avait bien une goutte de sang, mais comme elle ne sentait rien, elle n’eut pas peur. Dr. Dentine, tout en la félicitant de son courage qu’elle promettait de raconter à tous les autres enfants qui venaient ici, et bien sur à la Petite Souris, cueillit tout aussi délicatement la deuxième dent ! Kennera se sentit soulager, fière, elle n’avait pas bougé, et n’avait absolument pas eu mal !
Elle se leva vite pour voir sa bouche ainsi soignée, mais les nouvelles dents restaient encore loin derrière les autres. Dr Dentine expliqua que les dents n’avaient pas de pieds et donc n’avançaient pas vite, c’est la langue en poussant qui les aiderait à prendre leur place dans le nouveau sourire rayonnant de la jeune fille!
Maman aussi était très fière de sa petite fille !
La dentiste remis les petites dents à Kennera, lui indiquant qu’il fallait dès le soir les déposer sous l’oreiller, enroulées dans un petit mouchoir pour que la Petite Souris les emporte. Elle allait, dès que Kennera serait partie, téléphoner à la Petite Souris pour lui dire que les dents avaient été cueillies et tout le courage de Kennera, pour que dès cette nuit elle vienne sous l’oreiller.
Kennera repartit, après un bisou au Dr. Dentine qui lui avait redonné le sourire et impatiente que vienne l’heure où Maman la borderait pour attendre la Petite Souris, qu’elle était sûre elle verrait trotter près de son oreiller car elle ferait semblant de dormir !
Après l’histoire de chaque soir, Maman embrassa Kennera, elles vérifièrent ensemble que les dents étaient bien posées sous l’oreiller, Kennera recula un peu sa tête pour que la Petite Souris puisse prendre le précieux paquet et l’on éteignit la lumière. Toutes les peluches curieuses et impatientes essayèrent de garder les yeux ouverts, mais comme la petite fille ne purent longtemps céder au pouvoir du marchand de sable qui les emporta tous dans le lointain pays des rêves.
Au réveil Kennera s’aperçut que quelque chose soulevait son oreiller, ce n’était plus le petit paquet des dents qui avait disparu sans qu’elle ne s’en aperçoive, ses peluches non plus n’avaient rien vu, lui promirent-elles… Kennera poussa vite l’oreiller pour découvrir une jolie souris toute grise avec deux petites dents au milieu de son sourire complice et l’intérieur des oreilles tout rose doux. Un petit bout de papier soigneusement plié avait aussi été déposé là, elle le déplia et pu lire en suivant avec son doigt :
« Tu es grande maintenant »
Elle bondit hors de son lit et vint s’appuyer contre Mickey… toutes les peluches, la jolie souris au centre formèrent une ronde et se mire à danser : Kennera avait grandi !
Elle avait des dents de grande fille, elle n’aurait plus peur du dentiste ! elle avait grandit !! SandrineG
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